Les morts de la rue en France

, par  Jean-Christophe Fichet , popularité : 5%

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »
Article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948)

« La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.
Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »
Alinéas 10 et 11 du préambule de la Constitution de 1946

Pour l’INSEE, une personne est considérée comme sans domicile quand « elle a passé la nuit précédant l’enquête dans un lieu non prévu pour l’habitation (on parle alors de sans-abri), y compris les haltes de nuit qui offrent un abri mais qui ne sont pas équipées pour y dormir, ou dans un service d’hébergement ».
Le rapport de l’INSEE daté de 2012 a recensé 141.500 sans domicile en France, avec une augmentation de 50% de cette population sur la période 2001 – 2012. Depuis cette date, et même si les estimations varient, l’augmentation n’a pas été enrayée. Selon la fondation Abbé Pierre et le rapport 2017 sur l’état du mal-logement, ce recensement reste « une estimation a minima ».

Les documents ci-dessous sont construits à partir des données fournies par le Collectif des Morts de la Rue. Ils donnent une représentation de la mortalité pour la population des Sans Domicile Fixe sur le territoire métropolitain et dans les DROM sur l’année 2017. Mais, comme le souligne le collectif, l’enquête n’a pas de valeur scientifique. Les décès recensés sont ceux qui sont rapportés auprès du collectif. Selon celui-ci et les ONG qui travaillent auprès de ces populations, il faudrait multiplier ce bilan annuel, déjà très lourd, par 4 à 6 pour approcher de la réalité.

Les décès :

La série du collectif recense 426 décès sur l’année 2017. La cartographie ne prend pas en compte tous ces décès, 16 d’entre eux n’indiquent que des régions et non des villes ou autres localisations (nous avons d’ailleurs fait le choix de reporter les décès par département et non par localité) : 7 décès indiquent « Hauts-de-France », un « Occitanie », un « Grand-Est », un « 977 », et 3 sont « indéterminés ».

Géographie des morts de la rue

L’âge des personnes décédées :

Sur le territoire national, l’espérance de vie à la naissance atteint 79.4 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes (selon les données provisoires de l’INSEE). L’âge moyen national au moment du décès pour les Sans Domicile Fixe est d’environ 49 ans (46.3 ans pour les femmes et 49.9 ans pour les hommes). Le graphique ci-dessous ne prend en compte que les personnes décédées dont l’âge est établi de manière sûre (64 décès ne sont pas pris en compte).

Quel âge ont les victimes ?

Une période qui serait plus dangereuse dans l’année ? :

Le nombre de décès par mois

Le PDF des documents :

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