Gouttelette

, par  Rémi Guédon , popularité : 4%

GOUTTELETTE

Le bleu est le code couleur habituel en cartographie pour représenter l’eau. Ici, on reprend ce code, mais sans aucun aplat de couleur. Il ne s’agit que de points, de petits points, tous de même taille (environ un demi millimètre). Chaque petit point représente une petite partie du cycle de l’eau, une étape. Les points sont agencés les uns par rapport aux autres afin de représenter les rivières, fleuves, lacs, mers et océan laissant apparaitre une carte centrée sur la France et de ses espaces proches. Mais les frontières entre les États ne sont pas tracées.

Cela permet d’insister sur le paradoxe entre d’un côté la dimension, l’échelle à laquelle on peut envisager le phénomène du cycle de l’eau dans le temps et dans l’espace : éternel, inaltérable, omniprésent, au-delà des limites des États, global. Mais aussi, d’un autre côté, cela permet de souligner la fragilité de cette précieuse ressource, la fragilité de l’instant d’une étape du cycle de l’eau, celle où elle s’écoule vers l’océan. L’idée de la capture d’un mouvement est renforcée par les lignes courbes de petits points qui, à l’image d’un banc de poissons en mouvement, semblent se libérer du tracé des fleuves prisonniers des terres émergées.

Un poème composé de 4 vers en alexandrin traverse la carte. Il est écrit en suivant une double boucle rappelant le signe infini. Cela renvoie bien sûr à la dimension de renouvèlement des étapes du cycle de l’eau. D’ailleurs, ce poème peut être lu à l’infini, et donc en commençant par l’un ou l’autre des quatre vers. Le mot « gouttelette » est repris en anaphore à chaque vers. Cela permet de souligner les mêmes effets que la carte, à savoir la persistance du cycle et la fragilité de la ressource.

Gouttelette

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