Le souk en Tuk-tuk

, par  Adeline Geslin , popularité : 9%

Le souk en Tuk-tuk

L’Egypte doit se situer dans le top ten mondial des accidents de la route, elle tient probablement la première place en Afrique, avec environ une trentaine de décès par jour. Et pour cause, aucun code de la route n’est respecté, les routes sont très mauvaises, les véhicules hétéroclites et en mauvais état (j’ai découvert des véhicules qui ont du disparaître de la circulation en France depuis longtemps) ; bref, la liste serait longue et ce n’est pas mon propos, aujourd’hui je veux vous parler des tuk-tuk égyptiens.

Interdits car ils étaient trop impliqués dans les accidents et servaient pour de menus larcins, ils restent néanmoins tolérés dans certaines zones, et ce pour notre plus grand plaisir. S’il faut à tout prix ne faire qu’une seule chose au Caire c’est bien une virée en tuk-tuk dans les dédales du souk à proximité d’Hussein. Sur ces petites motos qui accueillent deux ou trois passagers les sensations fortes sont garanties.

Notre chauffeur devait avoir quatorze ans maximum, et pour environ un euro nous avons eu l’équivalent d’un long tour de montagnes russes sur des rails étroits, mais sans les loopings, et dans la vraie vie. A chaque virage on frôlait le mur, à chaque véhicule croisé on pensait ne jamais avoir suffisamment de place pour s’y glisser, à chaque personne traversant la peur de lui foncer dessus. Des montagnes russes ou un train fantôme, nous avions vraiment le sentiment de se trouver dans une attraction, mais avec cette montée d’adrénaline que le moindre faux-pas nous serait vital (ou presque, nous ne devions pas dépasser les 40 kilomètres à l’heure). Mais notre chauffeur maîtrisait son véhicule à la perfection, d’une perfection ahurissante. Un calcul mathématique nous aurait montrer qu’il était impossible de se faufiler de la sorte, et pourtant de chaque virage nous sommes sortis indemnes.

Et puis il y avait les scènes de vie. Les gens dans leurs maisons, à leurs fenêtres, le transporteur de pains sur son vélo, les chats traversant à toute hâte, les femmes se tenant le bras, les enfants jouant et courant dans tous les sens. Le bruit des klaxons, les cris, l’odeur d’essence. Soudainement on voit deux enfants tenant de force un troisième au sol, en plein milieu de notre chemin, la tête sur la chaussée à quelques mètres de nos roues. Le tut-tuk n’a pas ralenti, n’a pas dévié sa trajectoire, jusqu’au dernier moment j’ai cru qu’on allait lui passer dessus. L’enfant s’est relevé, au dernier moment...

Au Caire, on ne craint pas les bombes, ni les enlèvements, on ne parle jamais de terrorisme ou des conflits dans le Sinaï ; mais on prie tous les jours pour ne pas mourir sur la route.

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