Arrivée en terres Égyptiennes

, par  Adeline Geslin , popularité : 3%

La descente.

Le Caire, “La Conquérante” en arabe, est une mégalopole de plus de seize millions d’habitants et de deux cent dix kilomètres carrés. Les chiffres peuvent paraître impressionnants, ça l’est encore plus lorsque l’avion amorce sa descente. Une descente en avion dure environ une demi heure, par le hublot on peut admirer la ville du Caire pendant plus de la moitié de cette descente. Au début ce ne sont que des points scintillants, des formes vagues, puis ces points se précisent, à dix minutes de l’atterrissage on peut apercevoir nettement les immeubles, les routes, les véhicules (mon chauffeur de taxi : “m’avez-vous vu arriver ?”), et le Nil. C’est une ville à n’en pas finir qui s’étend jusqu’aux portes des pyramides. On se demande comment il est possible de s’y retrouver une fois en bas.

Vue du Caire

Cette vue m’accueillera à chaque retour sans jamais me lasser. Après un an j’ai l’impression d’avoir parcouru une bonne partie du Caire. Et pourtant c’est spatialement impossible.

L’aéroport.

L’aéroport

Tout d’abord le décalage de la langue, puis la cohue, tout le monde se bouscule, crie, on cherche où prendre ses bagages. Mais il faut d’abord passer le contrôle des passeports, trouver où acheter le visa, se mettre dans les bonnes queues, essayer de comprendre les inscriptions suspendues un peu partout. L’épreuve des bagages est toujours inquiétante, on se demande si les valises nous ont bien suivi, s’il y aura des pertes. Les Égyptiens reviennent très chargés de Paris : de l’électroménager, des jouets, des sacs de boutiques de luxe. L’Égypte c’est le consumérisme face à la pauvreté. Car dehors une autre réalité attend, celle des chauffeurs de taxi espérant obtenir une course, du personnel de l’aéroport sous payé, et on n’est encore que dans l’aéroport.

Enfin dehors.

On s’engouffre dans une vague de chaleur, et pourtant il est très tard dans la soirée. Cela laisse présager des températures en plein après-midi. Il faut sortir de l’aéroport, où tout le monde attend dehors par mesure de sécurité, retrouver la Ring Road, le périphérique Cairote. La circulation n’est pas plus organisée qu’à l’aéroport. Aucune ligne au sol, on ne sait pas s’il y a trois, quatre, cinq ou six voies. Le code de la route ? C’est à celui qui se glissera le premier, à celui qui sera le plus rapide et qui aura le plus gros véhicule. On sent bien que les coups de klaxon ont un sens, mais cela donne quand même une impression de cacophonie anarchique constante. Pas de distance de sécurité, pas de bande d’arrêt d’urgence (tout à droite c’est pour les scooters, piétons qui attendent les mini-bus, charrettes), pas de ceinture dans l’habitacle, pas de casque pour les passagers des deux roues. On espère que l’on arrivera à bon port, heureusement le Coran est posé sur le tableau de bord, on s’en remet à la volonté de Dieu.

Premier matin.

C’est toujours excitant d’arriver dans un nouveau lieu de nuit car il y a l’expérience du premier matin. Celui où l’on se réveille en terres étrangères, où l’on est certain que tous les possibles sont devant nous, où même ouvrir les volets révélera ses surprises. Mes premières impressions ? Elles furent olfactives. L’odeur de la poubelle chaude. Impossible de marcher sur les trottoirs qui sont réservés aux arbres déployés au-dessus de nos têtes, et aux déchets amoncelés à chaque coin, avec les animaux soit confortablement endormis (tel Diogène sur son tas de fumier), soit cherchant de la nourriture. Le sable est partout, mélangé à la poussière et à la pollution. On en a plein la vue et plein le nez. Et à tout cela se rajoute notre transpiration. Soudainement toutes les mosquées retentissent : c’est l’appel à la prière de midi. Les tapis s’alignent sur le bord de la route et il faut contourner ces nouveaux obstacles.

Le chat...et ses poubelles

La première découverte de mon quartier Cairote fut éprouvante, dépaysante. Et ce n’était que le début.

Facebook