Verdun : l’expérience combattante dans une guerre totale

, par  Jean-Christophe Fichet , popularité : 3%

1. Aux origines de la guerre : le système des alliances.

Aux origines lointaines de la Première guerre mondiale (rivalités entre puissances - en Europe et dans les colonies, nationalismes exacerbés) s’ajoutent des origines immédiates, parmi lesquelles le système des alliances, héritage de la diplomatie du XIXe siècle. En un mois, ce système plonge le continent dans une guerre totale.

Le système des alliances et le bascul vers la guerre

La carte :

Le système des alliances et le bascul vers la guerre

2. Verdun : l’expérience combattante.

- Situer l’espace des combats.

- L’étude de documents.

Les deux documents introduisent l’étude sur Verdun : conditions de vie des soldats, violence des combats et conséquences sur les hommes.

Document 1.

Otto Dix : "Un blessé"

Source : Otto Dix, Un blessé (automne 1916) in Caroline Fontaine, Annette Becker, Stéphane Audoin-Rouzeau, Marie-Pascale Prévost-Bault (dir), Les collections de l’Historial de la Grande Guerre, Paris, Somogy, 2008, p 71.

Document 2.

« Depuis huit jours les corvées de soupe ne reviennent plus. Elles partent le soir à la nuit noire et c’est fini, elles se fondent comme du sucre dans du café. Pas un homme n’est retourné. Ils ont tous été tués, absolument tous, chaque fois, tous les jours sans aucune exception. On n’y va plus. On a faim. On a soif. On voit là-bas un mort couché par terre, pourri et plein de mouches mais encore ceinturé de bidons et des boules de pain passées dans un fil de fer. On attend que le bombardement se calme. On rampe jusqu’à lui. On détache de son corps les boules de pain. On prend les bidons pleins. D’autres bidons ont été troués par les balles. Le pain est mou. Il faut seulement cou-per le morceau qui touchait le corps. Voilà ce qu’on fait tout le jour. Cela dure depuis vingt-cinq jours. Depuis longtemps il n’y a plus de ces cadavres garde-manger. On mange n’importe quoi. Je mâche une courroie de bidon. Vers le soir, un copain est arrivé avec un rat. Une fois écorché, la chair est blanche comme du papier. Mais, avec mon morceau à la main j’attends malgré tout la nuit noire avant de manger. On a une occasion pour demain : une mitrailleuse qui arrivait tout à l’heure en renfort a été écrabouillée avec ses quatre servants à vingt mètres en arrière de nous. Tout à l’heure on ira chercher les musettes de ces quatre hommes. Ils arrivaient de la batterie. Ils doivent avoir emporté à manger pour eux. Mais il ne faudrait pas que ceux qui sont à notre droite n’y aillent avant nous. Ils doivent guetter aussi de dedans leur trou. Nous guettons. L’important c’est que les quatre soient morts. Ils le sont. Tant mieux. Cela dure depuis trente jours. »

Jean Giono, Écrits pacifistes, Gallimard 1978, réédition augmentée de 1939.

3. Verdun en chiffres.

Note : L’intervention d’André Loez dure un peu moins de 6 minutes, attendez la fin pour lancer le film sonorisé de l’ECPAD ;-) !

Ce dernier document 1914-1918 où sont tombés nos soldats ? est saisissant. Il a été élaboré par Fig Data, le service de traitement des données et infographies du journal Le Figaro. La cartographie animée permet de visualiser l’engagement humain dans le conflit, l’impact des offensives par la représentation des soldats tombés sur le front.

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